année 20… ambiance 30

Pour cette année 2020, qui n’est pas sans évoquer l’ère de la « belle époque », j’ai eu la chance d’être chargée de la refonte des pièces d’eau dans un bel appartement luzien de 1926.

Le confort des années 30 s’avérant obsolète, la cuisine et les salles de bains avaient été aménagées dans les années 80 (autre décennie, autre style…!) pour mieux s’adapter au mode de vie actuel. Toutefois, ces aménagements ne s’inscrivaient pas dans la composition rigoureuse et élégante du reste de l’appartement et commençaient à déprécier l’appartement au yeux de ses propriétaires.

C’est sur l’impulsion de Catherine Vion, (boutique « Scènes d’ailleurs » à St Jean de Luz) la décoratrice chargée de la mise en valeur de l’appartement, que nous avons établi la nouvelle charte de ces pièces: du minéral élégant (effet marbre Calacatta, pierre anthracite mate et un granit spectaculaire et cosmique, coup de cœur de Catherine, dans la cuisine) et du chêne doré, par touche ou grands aplats.

Elle m’a aussi guidée par ses intuitions: une tablette ici, un effet miroir là, de la fluidité et du contraste; et j’ai proposé un remaniement complet des équipements. Grâce à l’équipe d’artisans, des entrepreneurs passionnés forts de propositions techniques, nous avons relevé le sol de la salle de bain et revu tout le cloisonnement et les réseaux. Cette mise à plat nous a permis de purger une partie des réseaux obsolètes (plomb pour l’eau, électricité non gainé, etc…), de réformer certains éléments qui le méritaient (porte-fenêtre alu noir en remplacement d’un ensemble en PVC, une chaudière à condensation, pose de VMC…) mais aussi de poser des nouveaux axes pour l’implantation centrale de la baignoire ou de l’évier.

Ainsi, dans la cuisine, assez large sans être vaste, j’ai proposé un demi-ilot, qui augmente le linéaire de plan, et permet de hiérarchiser les fonctions. L’évier céramique sur plan, se veut intemporel et familial, et permet d’aménager le meuble dessous. Il focalise le regard et offre une station centrale confortable et agréable. Derrière l’ilot, j’ai aménagé un petit renfoncement qui bénéficie de l’ancienne fenêtre des toilettes, pour une nouvelle fonction buanderie indépendante.

Au fond, nous rattrapons un mur oblique par un aménagement de caissons à profondeurs variables, qui affleurent pour former un effet de paroi régulière. De cette paroi, pour garder la fluidité de circulation vers le cellier ou la cour, sort en saillie une console de cuisson, à bords arrondis.

Pour harmoniser ces aménagements, nombre de détails de menuiserie se répondent, d’un mur à l’autre, d’une porte à l’autre. Ainsi la corniche-étagère périphérique à 2m20, souligne les agencements, et donnent une dimension esthétique à la hauteur de la cuisine en permettant d’y exposer les petites sculptures -comme l’ours de F. Pompon qui semble s’y promener nonchalamment- et la vaisselle précieuse que la famille possède.

Des joints creux qui segmentent certains volumes et les poignées taillées sur-mesure, de même que les pieds de meubles, finissent cet agencement que nous avons voulu doté d’une série d’astuces -rangement pour les planches à découper ou les condiments- sensées reconcilier harmonie et fonctionnalité.

Quant à la salle de bain, elle disposait déjà d’un beau volume et d’une exceptionnelle luminosité, mais ses contraintes d’accès et de fenêtre avait donné lieu à un agencement forcé et malvenu, où une petite vasque se serrait contre une étroite cabine de douche, et tandis que les WC s’en trouvaient être l’équipement le plus central ! Si l’on voulait hiérarchiser correctement les éléments, il nous fallait ouvrir les cloisons et s’équiper d’un sol technique allégé.

La vision que nous souhaitions mettait en scène la baignoire. Et celle-ci devait s’appuyer sur le volume de la douche, délibérément étroite, mais très longue, nous libérant ainsi de la contrainte d’une porte.

Nous avons donc pu mettre en oeuvre cette vision à composition axée, avec des petits meubles vasques en symétrie.

En choisissant des équipements sanitaires simples et sans grande marque, un parement en grès-céram, nous avons pu consacrer le vrai luxe de l’endroit, qui valorise la composition, la lumière, les reflets, le chêne de fil, et le verre légèrement miroitant, libre de montant.

Avec une mention spéciale pour les artisans, du maître carreleur au plombier, en passant par l’équipe de menuisiers, le peintre patient, et les entreprises de maçonnerie/placo qui comprennent les faux-angles et des désaffleurements nécessaires à la bonne fluidité du résultat !

  • décoration: « Scènes d’ailleurs » à St Jean de Luz
  • maçonnerie/placo: ARB et Yvan Rollet
  • plomberie: refricontrole
  • carrelage: IBS / Lorenzo Poli
  • menuiserie intérieure: Combret
  • électricité: Marsaudon-Lemaire
  • menuiseries ext: Domitech 64
  • Photos: Manu Galan